Doc GOMI

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IGAS : l' apolitique du médicament

DR Y Le Flohic

Elu MG France aux URPS de Bretagne

Lettre ouverte à l'IGAS.

 

 

Bonjour Madame,

 

J 'ai tenté de joindre l IGAS suite au rapport sur le générique rendu publique ce jour, et hélas personne n'est joignable.

Ce rapport et ses conclusions ne tiennent simplement pas compte d'une très simple donnée : le bon sens.

Dans l'industrie, comme dans la moindre association regroupant des acheteurs, quand des achats en volume sont effectués par ce que l'on nomme un acheteur, celui ci négocie, et achète en fixant un prix équivalent pour des produits et prestations équivalentes.

 

Tout acheteur qui procéderait différemment dans l'industrie, se verrait accusé de détourner des fonds, au profit d'un vendeur qu'il accepterait de surpayer pour un produit considéré comme similaire ; il serait licencié et trainé devant les tribunaux par son employeur.

 

C'est pourtant ainsi qu'agit l'acheteur des médicaments en France (CEPS) , acceptant de donner plus à certains laboratoires pour certains médicaments considérés comme équivalents par les autorités sanitaires ; acceptant de nouveaux "meetoo" copies inutiles de médicaments dont on se demande par quel mécanisme ils se voient attribuer des prix de remboursement (donc d achat par la sécurité sociale) supérieurs aux génériques ; ceci sans une once de justification scientifique ou technique, et bien au contraire , si on en croit le battage médiatique pro génériques.

 

Forts de ces constats qui n'échapperaient pas à un paysan béarnais, l 'IGAS trouve le moyen de proposer un système de malus pour les médecins prescripteurs.

 

La responsabilité des médecins (et c'est déjà compliqué) est de prescrire la bonne molécule, votre responsabilité IGAS , CEPS, gouvernement est de fixer le prix des médicaments, et de donner de justes orientations à notre système de soins solidaire.

 

Reporter cette responsabilité sur les prescripteurs et les patients devient  proprement inadmissible, inaudible, et discrédite un peu plus les autorités sanitaires.

 

Les économies que l'on aurait été en droit d attendre de la "tombée" dans le domaine public de nombre de médicaments ont été grevées par des dépenses inadmissibles, du seul fait et de la seule responsabilité des autorités sanitaires françaises ; les campagnes publicitaires coûteuses, la "surmarge" accordée aux pharmaciens, le comptage des boites délivrées par chaque médecin (quel coût extraordinaire informatiques?) , tout cela n'eut pas existé si simplement les autorités sanitaires avaient fait leur travail : définir un prix de médicament s'appliquant a l 'ensemble des  médicaments, princeps et génériques, de qualité équivalente.

 

L'IGAS trouve le moyen de proposer maintenant un bonus/malus aux prescripteurs ; de qui se moque t on?

 

Plus grave, c'est précisément cette différence de prix qui accrédite l'idée auprès du public que la qualité des génériques n'est pas la même que celle des princeps, constat également fait par le paysan béarnais : les prescripteurs se retrouvent dans la situation paradoxale qu'avant tout ce battage, la prescription en DCI et générique ne posait aucun problème, et que celle ci devient problématique en raison de suspicions légitimes, dues aux divergences de prix, et a certaines problématiques spécifiques (antiépileptiques en particulier qui ont donné lieu a des expertises  et a des communications laborieuses sur la biodisponibilité).

Soucieux des économies du système de santé, et de la sérénité des prescripteurs, il me semble nécessaire,

plutôt que de pondre un énième rapport de 143 pages sur le sujet, de proposer des mesures de bon sens :

 

- proposer une mission d'enquête parlementaire sur la raison de fixation de prix différents pour des produits similaires, par le CEPS  et réforme du CEPS.

 

- délivrer une information de qualité , permettant de connaitre les produits réellement équivalents (fabriqués dans les mêmes unités de production, avec les même excipients ,et les mêmes biodisponibilités)

 

Et enfin, après tant d'années d'errance, que les autorités sanitaires prennent en main leurs responsabilités dans la fixation du prix des médicaments, car nous atteignons là un point de non retour en terme d'absurdité, de lâcheté et de report sur des professionnels de santé et sur les patients de responsabilités qui ne leur incombent pas.

 

Des médecins ont été agressés pour avoir refusé d'apposer la mention "non substituable" sur leur ordonnance, et il est donc grand temps d'agir sérieusement sur ce sujet.

 

 

Dr Y Le Flohic

Elu aux URPS de Bretagne

 



21/12/2012
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